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santé"
L'IODE,
- UN
DES OLIGO-ÉLÉMENTS INDISPENSABLE
À NOTRE ORGANISME.
L'iode est un
oligo-élément, c'est-à-dire une
substance métallique qui se trouve en très
petite quantité dans notre organisme et qui est
absolument essentielle à son bon fonctionnement.
L'iode existe aussi à l'état naturel
principalement dans les océans d'où il
subit une évaporation, passe dans
l'atmosphère, puis retombe sur terre avec les eaux
de pluie. Dans notre corps c'est seulement par
l'alimentation qu'il est apporté. Son absence peut
être gravement nuisible à
l'organisme.
SON
UTILITÉ
- Dans notre
organisme, l'iode entre dans la composition des
hormones thyroïdiennes indispensables à la
croissance de tous nos tissus, en particulier ceux du
cerveau.
- La
thyroïde est une petite glande située
à la base du cou qui produit deux hormones que
l'on appelle en langage simple T3 et T 4 en fonction
de leur teneur en iode. Donc, si la thyroïde
n'est pas approvisionnée en iode, elle ne peut
pas fabriquer ses hormones !
- Pour le
bébé, c'est même chose! Dès
le stade ftal, sa thyroïde a besoin d'iode
pour assurer le développement de son cerveau.
Or, pendant les premiers mois de sa vie, le ftus
est incapable de fabriquer lui-même ses propres
hormones, c'est la maman qui les lui fournit et pour
cela elle a besoin d'iode !
- Et même
ensuite, lorsque sa thyroïde commence à
fonctionner, vers le milieu de la grossesse, il a
toujours besoin d'iode pour synthétiser ses
propres hormones et la seule solution, c'est que sa
mère lui en procure à travers le
placenta. Pour assurer son développement
cérébral, le ftus est totalement
dépendant de l'iode de la
mère.
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GROSSESSE
= BESOINS ACCRUS EN IODE
|
- La
grossesse est une véritable
période de travaux forcés
pour la thyroïde:
- D'abord
les besoins en iode sont augmentés
: certaines hormones produites en
abondance pendant la grossesse, en
particulier les strogènes et
la bêta hCG, (l'hormone
dépistée par les bandelettes
des tests de grossesse), obligent la
thyroïde à travailler de
manière intense. Il lui faut donc
plus d'iode.
- Mais
les pertes aussi sont augmentées:
la grossesse favorise l'élimination
de l'iode dans les urines. Et enfin l'iode
de la mère passe au travers du
placenta pour alimenter le
ftus.
Tous
ces facteurs contribuent à augmenter
le travail de la thyroïde qui
réclame d'autant plus d'iode pour
fabriquer ses hormones, la T3 et la
T4.
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- ET SI
JE MANQUAIS D'IODE PENDANT MA GROSSESSE
?...
- Le travail
"forcé" de la thyroïde pour compenser son
manque d'iode peut se traduire par un goitre (grosseur
à la base du cou): d'ailleurs dans
l'Antiquité, où de très
nombreuses femmes étaient en carence chronique
en raison de la pauvreté de l'alimentation, on
diagnostiquait la grossesse par l'augmentation du
diamètre du cou ...
- La grosseur
du goitre est proportionnelle à
l'intensité de la carence initiale et à
sa durée. Si le manque d'iode est
compensé rapidement, le goitre se
résorbe et disparaît. En revanche, si
à chaque grossesse une femme était en
manque d'iode, le goitre finirait par persister et la
patiente serait en état d'hypothyroïdie.
Cela se traduit par des symptômes comme une
fatigue, une nervosité, des troubles du
sommeil, une augmentation de la tension
artérielle, et des risques accrus de fausses
couches. En plus de ce qui risque de se produire pour
la maman, c'est surtout pour le futur
bébé que les conséquences peuvent
être plus graves notamment sur le plan
intellectuel.
-
-
- ET
POUR MON BÉBÉ ?
- Si la
mère manque d'iode, le foetus manquera d'iode
...
- Or, le
cerveau du foetus est l'organe le plus sensible au
manque d'iode. C'est lui qui au cours de la vie
intra-utérine et de la période
néonatale a besoin, pour se développer,
d'énormément d'hormones
thyroïdiennes en raison de sa croissance
très rapide. Le stade extrême de la
carence en iode, comme on peut l'observer encore dans
le monde chez certaines populations très
démunies, est ce que l'on appelle le «
crétinisme goitreux », forme de
débilité mentale profonde. Mais, si
celui-ci était encore constaté dans
certaines régions reculées de France
à la fin du 19' siècle, aujourd'hui il a
complètement disparu de notre pays.

- AI-JE
SUFFISAMMENT D'APPORT D'IODE ?
Seul le taux
d'iode dans les urines, la iodurie, permettrait de savoir
si on est en manque d'iode ou non. Cet examen peut
être effectué par un laboratoire d'analyses,
mais il n'est pas pris en charge par la
sécurité sociale ... et pour cette raison,
n'est jamais effectué. En fait, comme on ne peut
pas connaître son "statut iodé" et que le
risque majeur se situe au moment de la grossesse, il vaut
mieux tout faire pour éviter d'être en
déficit, et augmenter ses apports !
DANS QUELS
ALIMENTS TROUVER DE L'IODE ?
- L'iode est
principalement apporté par les aliments
d'origine marine: les algues (20 à 50 mg/100g),
les poissons: (25 à 75 µg/100g), les
crustacés et les mollusques (40 à 320
µg/100g).
- Les oeufs et
les produits laitiers sont une source non
négligeable.
- La viande,
les fruits et les légumes, et les eaux potables
en sont très pauvres.
- Sachez aussi
que certains agents de texture comme les alginates et
les carraghénates ou les colorants
utilisés dans l'alimentation industrielle sont
riches en iode.
- En France,
l'iodation des sels de table est autorisée
depuis 1952, à raison de 15 mg/kg, et
aujourd'hui les laits infantiles sont également
supplémentés en iode. Malgré
cela, la France reste encore actuellement en
état de légère
carence
|
Contenu
en iode de certains aliments
(µg/portion)
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10
g d'algues
|
70000
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hareng
fumé (150 g)
|
150
|
|
1
tête d'ail (30 g)
|
27
|
|
1
poignée de crevettes grises (100 g)
|
90
|
|
crabe
(100 g)
|
40
|
|
1
douzaine d'huître
|
18
|
|
1
part moyenne de poisson de mer (120 g)
|
12
à 48
|
|
1
oeuf (50 g)
|
5
|
|
1
part moyenne de poisson d'eau douce (120 g)
|
3,6
à 6
|
|
1
part moyenne de viande (120 g)
|
3,6
|
|
1
assiette de légumes frais (200 g)
|
2
à 10
|
|
morue
fraîche (100 g)
|
500
|
|
soja
(100 g)
|
100
|
|
haricots
verts (100 g)
|
30
|
|
Laitages
(100 g)
|
20
|
-
- ATTENTION
au risque de surdosage en IODE par consommation
excessive d'algues !
- En Allemagne,
l'Institut Fédéral de Protection de la
Santé des Consommateurs et de Médecine
Vétérinaire (Bundesinstitut für
gesundheitlichen Vebraucherschutz und
Veterinärmedizin) signale que la consommation
d'algues séchées, pourrait
présenter des risques. Les algues
séchées peuvent contenir jusqu'à
6500 mg d'iode par kg. Une consommation d'iode est
sans risque pour la santé jusqu'à 20 mg
mais des doses supérieures peuvent conduire
à une hyperthyroïdie (irritabilité,
amaigrissement, insomnie
) et des atteintes
cutanées.

- LES
BESOINS JOURNALIERS EN IODE ?
- En dehors de
la grossesse, les apports recommandés sont de
100 à 150 µg/jour. Chez la femme enceinte
et pendant l'allaitement, ces besoins sont
augmentés à 200 µg/jour. Or en
moyenne, l'alimentation apporte 70 à 80
µg/jour d'iode. Pour cette raison, pendant la
grossesse, l'alimentation même très riche
en iode, et même si on habite au bord de la mer,
ne peut pas tout faire ...
- En Europe, le
risque de carence iodée existe de façon
modérée. Dans notre pays, les
résultats de l'étude SU.VI.MAX. (*)
réalisée sur plus de 7000 femmes ont
révélé une carence
légère en iode,
caractérisée par une iodurie moyenne de
82 µg/l. Pour l'Organisation Mondiale de la
Santé, une carence est dite
légère si les taux urinaires d'iode sont
compris entre 50 et 100 µg/l,
modérée entre 25 et 50 µg/l et
sévère en dessous de 25 µg/l. Or,
selon les experts, la carence en iode est la cause la
plus facilement évitable de retard intellectuel
chez l'enfant. C'est pourquoi, après avoir
préconisé l'iodation des sels de cuisine
et des laits infantiles, face au risque potentiel de
carence qui demeure malgré ces mesures, la
plupart des scientifiques recommandent
désormais une supplémentation en iode
chez les femmes enceintes.
- (*)
VALEIX p et coll'Iodine deficiency in France. Lancet
1999; 353' 1766-1767
- Des
études ont montré qu'il est possible de
compenser les déficits en iode au cours de la
grossesse par une supplémentation. Celle-ci est
efficace pour prévenir les hypothyroïdies
néonatales et améliorer les performances
intellectuelles des enfants. Ainsi, on a pu observer
que les enfants nés de mères
supplémentées avaient des Quotients
Intellectuels supérieurs à ceux
nés de mère dont la carence n'avait pas
été corrigée, à condition
que la supplémentation soit commencée au
tout début de la grossesse, au moment où
le foetus en a le plus besoin. Il est conseillé
de poursuivre cet apport d'iode, y compris pendant
l'allaitement, c'est-à-dire tant que le
développement de l'enfant se fait. On peut
même commencer avant la grossesse pour renforcer
son capital iodé. En outre, il a
été prouvé que cette
supplémentation, réalisée
à des doses modérées (50 à
200 µg par jour) n'est pas dangereuse, ni pour la
mère, ni pour l'enfant.
Dans tous
les cas: demandez conseil à votre
gynécologue, lui seul pourra évaluer vos
besoins et vous donner la supplémentation
appropriée.

- Apports en iode
stable recommandés par
l'OMS
- d'après
un document EFFIK division nutrition
"Ginéservice Grossesse'"
-
*
- L'élimination
mondiale de la carence en iode est à notre
portée (source OMS)
-
- 21 DECEMBRE
2004 | GENEVE -- Selon un nouveau rapport mondial de
l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) sur
la situation de l'iode, le nombre de pays où la
carence en iode représente un problème
de santé publique a diminué de
moitié en dix ans. La carence en iode est une
cause importante de troubles dans le
développement mental de l'enfant. La principale
stratégie, l'iodation universelle du sel, est
un succès. On constate néanmoins des
carences en iode dans 54 pays et il faudra des efforts
soutenus pour développer les programmes
d'iodation du sel, ainsi que l'indique le rapport
Iodine status worldwide.
-
- "La carence
en iode représente une menace majeure pour la
santé et le développement des
populations dans le monde entier, notamment pour les
enfants d'âge préscolaire et les femmes
enceintes, explique le Dr LEE Jong-Wook, Directeur
général de l'OMS. Ce rapport montre que
l'élimination mondiale de ce problème
est à notre portée."
-
- La carence
résulte de la pauvreté des sols en iode,
entraînant une faible concentration de cette
substance dans les produits alimentaires et donc des
apports insuffisants pour la population. Lorsque les
normes ne sont pas atteintes, il arrive que la
thyroïde ne soit plus en mesure de
synthétiser l'hormone thyroïdienne en
quantité suffisante. La faible concentration
sanguine qui en résulte est la cause principale
d'un certain nombre d'anomalies du métabolisme
et du développement, ce que l'on appelle les
troubles dus à une carence en iode.
-
- Le
crétinisme en est la manifestation la plus
extrême mais les efforts actuels pour
éliminer la carence en iode sont motivés
avant tout par les troubles neurologiques et mentaux
plus atténués, responsables de mauvais
résultats scolaires, d'une diminution des
capacités intellectuelles et d'une
altération de l'aptitude au
travail.
-
- L'OMS
recommande l'iodation universelle du sel,
c'est-à-dire l'utilisation de sel iodé
pour l'alimentation humaine et animale afin de
prévenir ou de combattre la carence en iode.
Sous la direction de l'UNICEF et de l'OMS, la plupart
des pays connaissant ce problème de
santé publique ont appliqué cette
stratégie. L'UNICEF estime que 66 % des
ménages dans le monde ont désormais
accès au sel iodé.
-
- Le nouveau
rapport de l'OMS donne une estimation de la situation
de l'iode dans la population mondiale et rend compte
des progrès effectués par chaque pays au
cours des dix dernières années pour
arriver à éliminer la carence en iode.
Il se fonde sur la base de données OMS sur la
carence en iode, qui compile les données sur la
concentration urinaire en iode, sur la
prévalence du goitre (hypertrophie de la
thyroïde) et surveille l'ampleur, la
gravité et la répartition des carences
en iode dans le monde. C'est l'UNICEF qui finance le
fonctionnement de cette base de
données.
-
- Le nombre de
pays où la carence en iode reste un
problème de santé publique était
de 54 en 2003, contre 110 en 1993, ce qui, comme le
dit l'OMS, montre bien l'efficacité de la
stratégie d'iodation universelle du sel. Les
apports d'iode sont désormais suffisants dans
43 des 126 pays pour lesquels on disposait de chiffres
en 2003. Sur les 54 pays où l'on observe une
carence en iode, celle-ci est faible dans 40 d'entre
eux et modérée à forte dans les
14 autres. Il faut donc renforcer les programmes
d'iodation du sel dans ces pays.
-
- Dans 29 pays,
les apports en iode sont un peu trop
élevés, voire excessifs dans certains
cas. Des apports quotidiens en iode supérieurs
à la limite considérée comme
sûre peuvent entraîner des
dysfonctionnements thyroïdiens chez les sujets
sensibles. Cela souligne l'importance de renforcer les
contrôles de qualité du sel iodé
de façon à avoir des concentrations
suffisantes pour couvrir un apport alimentaire optimal
sans arriver à des quantités trop
élevées. L'OMS insiste également
sur la nécessité de veiller à ce
que la promotion du sel iodé n'entraîne
pas une surconsommation de sel pouvant contribuer
à l'apparition de l'hypertension
artérielle : le sel peut être iodé
en fonction d'une consommation compatible à
celle recommandée par l'OMS, à savoir un
maximum de 5 g par jour.
-
- Pour
atteindre l'objectif d'éliminer la carence en
iode d'ici à 2005, adopté par la Session
extraordinaire de l'Assemblée
générale des Nations Unies
consacrée aux enfants en 2002, l'OMS doit
relever un double défi : premièrement
entretenir la base de données mondiale sur la
carence en iode de façon à
contrôler et à suivre les progrès
faits par les pays. Pour ce faire, elle invite les
Etats Membres à renforcer leurs systèmes
de surveillance de la situation nutritionnelle en ce
qui concerne l'iode. Deuxièmement, au moyen
d'une collaboration étroite avec les
gouvernements et les partenaires de l'OMS dans le
domaine de la carence en iode, il s'agit d'aider les
Etats Membres à garantir l'accès au sel
iodé pour les populations exposées au
risque. Parmi ces partenaires, on citera notamment
l'UNICEF et des organisations non gouvernementales
comme le Conseil international pour la Lutte contre
les Troubles dus à une Carence en Iode,
l'initiative sur les micronutriments, Kiwanis
International et l'industrie du sel qui composent le
Réseau mondial pour l'élimination
durable de la carence en iode (Global Network for the
Sustained Elimination of Iodine
Deficiency)
|
Age/statut
physiologique particulier
|
Apport
quotidien (µg / jour)
|
|
0
à 12 mois
|
50
|
|
1
à 6 ans
|
90
|
|
7
à 12 ans
|
120
|
|
à
partir de 12 ans
|
150
|
|
Grossesse
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200
|
|
Allaitement
|
200
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